Famille Samain

Famille Samain

INTRODUCTION

Tome 4

C'était un soir de janvier 1969, j'étais seul dans un petit appartement à Wilrijk, mon oncle Adrien me téléphone pour me demander de participer à la prochaine réunion du comité des fêtes  de  la  famille  Samain  à  l'Alta  Ripa.  Surpris,  j'accepte  de  m'y  rendre  malgré  qu'à l'époque faire un aller - retour, Anvers-Avelgem un soir d'hiver n'était pas une promenade. Le tunnel Kennedy et l'autoroute n'existaient pas encore.

Le but était me demander de prendre la succession de mon père Louis Samain à la présidence du comité des fêtes de la famille. Devant cette assemblée de personnalités  du comité orchestré par Monsieur Albert Samain, personnage impressionnant  et autoritaire, grande était mon émotion   bien vite remplacée par de l'inquiétude. Je n'avais que 29 ans sans aucune expérience, sans avoir jamais parlé devant un public d'adultes. Mais bien vite je réalisais que tante Sabine et les autres membres du comité formaient une équipe très solide et déjà bien expérimentée.

D'autre   part  je  connaissais   déjà   beaucoup   de  membres   de  la  famille   grâce  à l'omniprésence de mon père.

Tout petit déjà, j'avais été frappé par le drame que vécut le Docteur André Bourgois, ( petit-fils de Cyriel Samain ), trois de ses fils furent ensevelis sous les décombres de sa maison  au  Broel  pendant  le  bombardement  de  Courtrai  en  mars  1944.  Ce  drame épouvantable donna naissance à un mouvement de solidarité impressionnant au sein de la famille. C'est à ce moment déjà que je réalisais que le sens du mot « Famille », dépasse largement le petit cercle papa, maman et enfants.

Plus tard après que nos parents avaient fait transformer une grange en maison de campagne confortable au Beerbos à St.Genois, nous y passions la plus grande partie de toutes nos vacances. A cette époque il y avait encore des bois sauvages, des vergers, des ruisseaux cachés par des haies d'aulnes et de noisetiers, des rangées de saules têtards pour clôturer les prairies autour des fermes. Quels terrains de jeux et de découvertes ! Ces fermes  grouillantes de vie chaleureuse et laborieuse  formaient un microcosme économique et  social  d'une  qualité  humaine  disparue  aujourd'hui.  Beaucoup  de  celles-ci  étaient exploitées par des Samain et en particulier celle de l'oncle Alphonse et tante Madeleine  qui était pour nous un lieu de formation à la vie rurale et de connaissance du monde ouvrier de l'époque, l'accueil qui nous était réservé n'a pu que renforcer mes liens avec la famille.

De ferme en ferme nous faisions connaissance avec les autres cousins et cousines de St.Genois, puis d'Helchin où il y avait tante Sabine avec ses parents et le château, puis enfin Pottes.

La Normandie aussi était une terre de rencontre avec plusieurs membres de la famille ou nous   trouvions   facilement   gîte   et   couvert.   Prudent   Bayart,   à   Tôtes   se   démenait particulièrement pour notre plus grand plaisir.

Ensuite les premières fêtes de famille au Mont St.Aubert, lieu mythique dominant la plaine de l'Escaut, nous font réaliser que nous faisons partie d'une grande et importante famille.

Mais, malgré tout, succéder à mon père m'effrayait. Je ne me sentais incapable d'être digne de son rayonnement et surtout de son charisme. Surtout que pour nous les aimés, il était plus craint qu'admiré. Sa mort brutale en pleine force de l'âge, une crise cardiaque dans son sommeil, laissa libre cours à d'incroyables ragots. Pensez donc, un éminent cardiologue terrassé  par une crise cardiaque….Ma mère malgré tout son courage, avec six enfants aux études, ne s'en remit jamais pour mourir 4 ans plus tard d'une embolie cérébrale. Le plus jeune n'avait que 13 ans. Pour nous tous commençait une période noire, les fêtes de famille au Mont St.Aubert  faisaient désormais partie d'un passé définitivement révolu.

Mais poussé par notre oncle Adrien, j'ai eu l'honneur d'être demandé par ces grands messieurs du comité ; Albert Samain, Eugène Van Overbeke, Josef Samain de Bellegem, Lieven Santens, Alidor Samain, Paul Coppens, Cyriel Samain et Joseph Guisset.
Et puis, surtout, il y avait tante Sabine l'être le plus extraordinaire que j'ai rencontré. Ce qu'elle faisait pour sa famille, pour la famille elle le faisait aussi pour la paroisse, la commune, les voisins. Coudre, tricoter, réparer, restaurer, réaliser des montages, des maquettes, rien n'était de trop, tout était un plaisir pour elle. Personne n'était mauvais, elle avait des excuses pour les fautes des autres. Tout était pardonné. Quand vers la fin de sa vie, elle s'est fait volée,  n'a-t-elle  pas dit « Cet  homme  en avait  certainement  plus  besoin  que  moi » ! Le sommet de son œuvre a été sans aucun doute les merveilleuses et éblouissantes crèches de Noël dans l'église d'Helchin.

Avec elle tout a disparu, sauf la famille, son empreinte a été trop forte pour que son travail ne lui survive pas. C'est elle qui prit contact avec toutes les branches de la famille pour réunir les données nécessaires à la réalisation du premier livre généalogique de la famille.
Pour l'édition parue en 1984 la famille était déjà nettement plus grande et dispersée, le travail donc déjà plus important et le risque de faute également.

Mais ce livre a le grand mérite d'exister, de transmettre aux plus jeunes, et beaucoup s'y intéressent, les origines de leur famille et des fêtes septennales et ainsi les perpétuer. Le mérite de Lydie Vanderplancke, petite-fille de Tharcille Samain, est d'autant plus grand de s'être attelé à rééditer une nouvelle fois ce livre, que la famille s'est encore plus étendue et dispersée à travers plusieurs pays. Grâce à elle plusieurs membres se sont mobilisés pour rassembler les données, les conversations téléphoniques entre cousins, cousines qui se connaissaient à peine, ont duré des heures et ont été répétées à plusieurs reprises pour le plus grand plaisir de tous.

Citer tous ceux qui ont aidé Lydie n'est pas possible, j'en oublierais trop et ce serait dommage. Au nom des fondateurs des fêtes de la famille merci à Lydie et à toutes et tous qui ont admirablement contribué à l'élaboration de cet arbre généalogique et ainsi pérennisé la tradition des fêtes de la famille.


Jean-Louis Samain.